Maître Deshoulières vous êtes un véritable “avocat numérique”. À quand remonte votre dernière rencontre physique avec un client ? 

Je travaille actuellement à Paris, alors je rencontre régulièrement des clients. Disons, une fois tous les 15 jours. Mais lorsque je m’installe à l’étranger pour mener à bien des projets legal tech internationaux, il m’arrive de ne pas voir mes clients français pendant plusieurs mois. Cela ne pose aucun problème. Je suis toujours joignable par mail et téléphone. Et mon équipe reste à Paris en permanence pour suivre l’activité du cabinet au quotidien.  

Vous avez rejoint l’aventure Aboutinnovation.com : en quoi ce projet peut simplifier l’accès au droit de la propriété intellectuelle des TPE/PME ? 

AboutInnovation réalise les deux promesses des legal tech pour les avocats en propriété intellectuelle. Au niveau de la production du service, AboutInnovation offre des outils qui nous simplifient le travail et qui permettent d’avoir des résultats très rapidement, concernant notamment les recherches d’antériorités de marques et de brevets. Au niveau de la commercialisation, AboutInnovation permet d’avoir une relation fluidifiée avec le client, qui peut poser ses questions, payer et accéder à ses documents en ligne.

Vous avez participé au chapitre Creative Commons France. Dans la plateforme, plutôt que de soumettre la réutilisation de leurs créations à une protection fermée, les innovateurs sont invités à les valoriser via une distribution sous des licences permissives comme les variantes CC. En quoi distribuer une oeuvre sous une licence Creative Commons peut constituer une  »valorisation » de sa propriété intellectuelle ? 

De nombreuses créations restent dans les cartons et ne sont jamais accessibles pour le public, car ces créations ne trouvent pas de débouchés commerciaux. C’est vraiment dommage. Diffuser gratuitement en ligne ces créations sous licence Creative Commons permet au contraire de donner une vie aux créations et de leur faire rencontrer le public, indépendamment d’une exploitation commerciale immédiate. Tout mon site web professionnel est sous licence Creative Commons. J’y publie tous mes articles et tous les mémoires que j’ai rédigés en tant qu’étudiant puis en tant que chercheur. Mon mémoire de Master 2 a, par exemple, été téléchargé plus de 2000 fois. Près de 90% de mes nouveaux clients me contactent aujourd’hui via www.deshoulieres-avocats.com.

En tant que partenaire de la plateforme AboutInnovation, vous avez participé à la conception d’un nouveau service : “protégez votre création”. Ce service permet notamment de notarier dans la blockchain un hash de l’œuvre et d’insérer ce hash dans un contrat de cession de droits. En quoi cette innovation juridico-technique vous sera-t-elle utile en tant que praticien? 

Horodater une création au moment d’un contrat présente un double avantage. Cela permet, d’une part, d’arrêter une version de la création qui fera foi en cas de litige entre les parties. Cela permet, d’autre part, de constituer une preuve d’antériorité, qui fera présumer la propriété sur la création en cas de litige. Il s’agit donc vraiment d’une bonne pratique, à peu de frais, qui peut être décisive en cas de litige mettant en cause la création.  

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